Les émissions d’ammoniac après l’épandage d’un digestat répondent instantanément aux fluctuations horaires voire infra-horaires des variables météorologiques clés que sont la pluviométrie, la température, la vitesse de vent et le rayonnement solaire.
L’occurrence d’une pluie contribue généralement à la dilution de l’azote ammoniacal dans l’eau des précipitations et à l’entraînement de l’azote ammoniacal dans le sol, et réduit ainsi la volatilisation : un arrêt total de la volatilisation peut être observé en cas de fortes pluies, même peu après l’épandage, si la totalité de l’azote ammoniacal est entraîné dans le sol, même à faible profondeur.
Toute augmentation de la température et/ou de la vitesse du vent favorise la volatilisation. Le rôle du vent est en effet déterminant dans la dispersion dans l’atmosphère de l’ammoniac émis par la surface. Quant à la température, son effet est amplifié quand, à la fois, la température de l’air est élevée et le rayonnement solaire est fort, ce qui est le cas en été, mais aussi plus ponctuellement vers midi solaire pour toutes les saisons : le rayonnement incident sur la parcelle contribue à une augmentation supplémentaire de la température de surface, qui est bien celle qui détermine la volatilisation. L’effet du rayonnement peut ainsi parfois prendre le pas sur celui de la vitesse de vent. Si les conditions météorologiques conduisent à l’assèchement du digestat en surface, ce qui est souvent observé pour les apports d’été ou autour de midi, la volatilisation est arrêtée, au moins momentanément ; le dépôt de rosée en fin de nuit ou une petite pluie peuvent éventuellement contribuer à la ré-humectation du digestat et à la reprise de la volatilisation, si tout l’azote ammoniacal n’a pas été volatilisé avant.
On voit ainsi que même si de grandes tendances d’effets des variables météorologiques sont reconnues, des effets divergents peuvent être observés localement et ponctuellement en raison du caractère surfacique et instantané de la volatilisation d’ammoniac, contrairement aux autres émissions gazeuses dues à des réactions biologiques.
Néanmoins, il est vivement conseillé d’éviter les périodes à forte vitesse de vent et les temps secs et chauds pour les apports de digestats, la volatilisation pouvant alors affecter la totalité de l’azote ammoniacal contenue dans le digestat.
L’occurrence d’une pluie peu après l’apport est généralement la garantie de l’arrêt ou la réduction très forte des émissions, et ainsi d’une meilleure efficience azotée du digestat.